La rechute


(Non non, je ne refume pas! Ce sujet a déjà été abordé dans le billet « La cigarette n’est pas une personne », mais il est si important qu’il me paraît logique de le traiter encore, en ce début d’année 2011 où les tentatives ont été en nombre)

Ouille. Celle-là, elle fait mal. Vous avez royalement jeté votre briquet au feu et distribué les clopes restantes à vos amis, sous le coup de minuit. Fier comme un paon, vous êtes parti gagnant de la soirée de réveillon, sous les applaudissements. On a souhaité la bonne année à un non-fumeur et ce non-fumeur c’est vous.  De retour au domicile, vous vous êtes couché pour engranger quelques heures de sevrage, pour les faire figurer à votre palmarès au plus vite.

Ce matin a été difficile, j’ose imaginer. Votre épouse fume, elle se fait discrète, enfin c’est ce qu’elle croit, mais la façon dont elle s’éclipse dans le jardin vous exaspère déjà…Elle revient parfumée au tabac et vous rappelle sans le vouloir  combien la première cigarette est précieuse. Vous croquez une pomme. Puis deux. Vous faites une partie de Wii avec votre fils (vous avez remarqué combien c’est plus facile de tenir une manette avec ses deux mains?). Et vous avez gagné. D’ordinaire, on fête la victoire et on file dehors faire des constats de héros, après avoir caressé le front de fiston en lui promettant la revanche, entre deux bouffées…

Il est 17:00. Il n’y a rien à la télé, on rediffuse « La grande vadrouille », ce qui vous irrite au plus haut point. Vous abordez le débat sur la redevance, et puis tout y passe, les impôts, la voiture, la tenue de la maison, les résultats scolaires de fiston discutables. Vous venez d’allumer une bombe, puisque votre femme réagit à vos mots et qu’elle calme sa peine dehors, à intervalles réguliers. Nous sommes le week-end, demain c’est dimanche, les occupations vous paraîtrons plus restreintes encore.

Ce point est important: quand vous êtes débarrassé des envies dites impérieuses, il n’y a plus de notion de temps, de contexte, de fréquentations et d’humeur. Ces choses-là n’entrent plus en ligne de compte. Bonne nouvelle! Oui mais vous étiez fumeur hier, il vous faut le temps d’organiser différemment votre calendrier.

N’empêche, la nuit est tombée, c’est l’heure de l’apéro et de cette saveur en bouche qui vous engage à fumer. Vous croisez vos bras, puis triturez le bouchon du Four Roses. Il est définitivement hors course.

Vous craquez, prétextez avoir besoin de prendre l’air, puis rêvez d’un monde où la cigarette n’aurait pas d’odeur, où vous pourriez fumer en cachette à votre guise. Bah non. Vous faites la queue au tabac, déterminé à « remettre ça » aux calendes, ou aux prochaines vacances d’hiver. Vous n’achetez qu’un paquet, pour voir, et parce que vous faites le constat d’un prix dément (enfin!). Il est vide juste avant la fermeture du point de vente, il vous reste deux minutes pour courir cracher vos poumons qui se faisaient une joie de revivre, avant que la carotte orange rende l’âme. Deux paquets dans la soirée, ça vous change un homme. Il n’y a pas à discuter, vous commenciez à peine à devenir invivable, votre famille est déjà en train de vous remercier (sic).

C’est ce qu’il m’est arrivé: j’avais fait une première tentative, 2 ou 3 ans avant. J’avais passé un été prometteur, j’arborais fièrement mes patches à la piscine municipale. Et puis la rentrée, c’est la rentrée, avec son cortège de trucs nouveaux, de trucs en plus, de problèmes en plus, qui vous donnent l’impression qu’on veut votre peau. J’avais replongé illico. Le seconde fois fut la bonne.

Ma phrase du jour? « Il n’y a pas de règles ».

PS: pour tous ceux qui sont en train de célébrer leurs premières 24:00: bravo, je suis admirative de vous. Il m’avait fallu déchiffrer quelques codes avant de me lancer à nouveau dans l’aventure.

On se tient au courant!

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