Que faire de ses mains?


C’est une question récurrente, et je me la suis posée maintes fois avant le grand saut. Et, une fois la période de sevrage bien avancée, j’ai découvert un paradoxe de taille: j’ai pris conscience, justement, du nombre de choses qu’il m’était difficile de faire quand je fumais. Dans la foulée, et c’est logique, j’ai noté le grand choix d’occupations qui m’attendaient et qui allaient se transformer en passions.

Le point majeur, celui qui m’a sidérée, c’est le temps que je gagnerais, désormais, à rédiger un livre. En effet, il faut être habile de ses mains et un peu acrobate pour fumer de la main gauche quand on écrit de la main droite. J’ai compté aussi le nombre de « blancs », les fameuses liaisons dont vous teniez bien la formule et que vous avez oubliée, occupée à vous enquérir d’un nouveau paquet, comme le vôtre était vide. Je vous assure, il m’est arrivé souvent de perdre le fil et de rager d’avoir totalement zappé LA phrase qui demandait beaucoup d’attention (accord des verbes, fluidité et style étaient partis en fumée…).

J’ai mis du temps à me remettre à l’écriture. Je croyais mordicus que ma faculté de concentration en avait pris un coup, puisque tout s’articulait autour de ma clope quand j’étais fumeuse et que son absence m’était douloureuse…Ce fut l’inverse. Mieux encore: désormais,  je ne prépare plus un brouillon sur papier, je tape directement sur le clavier. J’ai divisé par deux le temps qu’il me faut pour faire naître un ouvrage. Eh oui, j’ai deux mains libres, à présent.

Les occupations: je fantasmais sur le jardinage, m’y étais mise, il y a quelques années. Bel effort, comme on dit, parce que traiter des fleurs avec une seule main relève de l’impossible. On n’est pas adroit alors que le maximum de précision est nécessaire pour composer un mélange de terreau et de tourbe blonde. Ma maladresse me faisait rager, au moment de ramasser toute la terre à mes pieds et résignée à caler ma cigarette dans ma bouche. Quid du ménage? une vraie tornade blanche! Et c’est valable pour toutes ces choses que l’on ne pouvait exécuter qu’en fumant…C’est dire l’étendue des possibilités…

Mais je reconnais que les premiers mois m’ont posé problème…Le geste réflexe est comme acquis…Comme parmi mes substituts j’utilisais un inhaleur, j’ai très vite, d’instinct, conservé l’objet au creux de ma main en toutes circonstances, même lorsqu’il était vide. Au gré des semaines, j’ai constaté qu’il ne quittait pas non plus mes nuits: je m’endormais avec, rassurée. En somme, c’était une petite béquille et elle calmait ma nervosité. Je crois que sans ce petit tube blanc, mon humeur aurait été toute autre ^^

 

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2 réflexions sur “Que faire de ses mains?

  1. Merci, c’est gentil! Oh, au bout de presque 4 ans, il n’y a pas de comparaison. Mais cette sensation agréable de ne plus souffler au moindre effort est apparue assez vite, finalement. Bonne journée à toi!

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