Se dégager d’une équipe de fumeurs entraînés


Hier, je me suis rendue au Salon du livre de Draveil pour dédicacer mon premier roman « Céanothes et Potentilles« , sorti en janvier 2010. Alors, comment dire, c’est exactement le genre d’endroits où l’on est susceptible de croiser des fumeurs, je le sais bien, parce que j’ai déjà signé l’ouvrage une bonne dizaine de fois. Et parce que parfois on y délivre un prix, qui récompense un livre choisi par un jury. C’était le cas hier. Bon, soyons honnêtes, moi aussi j’étais stressée et j’ai aligné thé vert sur thé vert, au bar, en attendant le verdict. Je le répète, je ne suis pas incommodée par la fumée.

MAIS. On était tous au théâtre de cette commune dans un même but, avec la même passion. Ce n’était pas comme si j’avais été en contact avec des joueurs de poker, personne ne m’aurait adressé la parole, comme je ne suis pas fana. Là, c’était bien différent, nous avions tous un point commun, et pas des moindres: un roman à présenter, à signer, à défendre. Une passion se partage, on échange nos points de vue, et en plus on se rejoint, parce qu’il n’y a rien de plus aléatoire que la décision d’un comité de lecture quant au texte gagnant. C’est le principe, c’est ainsi. On se « rejoint ».

Mais tout de même, on veut disserter auprès de siens; on n’a pas pas fatalement suivi le même chemin (j’étais à peu près la seule à avoir déjà remporté deux prix littéraires, du temps où PPDA et Elisabeth Mozzanini m’avaient lancée). Pour certains, j’ai su que ce serait le rêve d’une vie que de remporter la mise. Oh, pour moi aussi, ça aurait été une caresse, parce que la période est difficile et qu’être Reine en novembre, ca aurait  une jolie façon d’annoncer les fêtes de fin d’année. Alors on se parlait, sur le pas de la porte, on riait jaune, puis on critiquait, pour ensuite sublimer. On passait du coq à l’âne mais on était semblable et c’était ce qui comptait. A une différence près: ces écrivains fumaient TOUS, sans exception. On a beau dire -et certains me contrediront parce que le tabac, pour eux, n’est plus qu’un très vague souvenir- mais même au bout de presque quatre ans, on peut encore éprouver du désir.

Eh oui! Imaginez: un groupe de cinq auteurs fait bouclier, vous vous sentez pratiquement au centre d’une mêlée de rugbymen, et il va falloir songer à vaquer, comme on dit. Parce que le besoin arrive, pressant, la nicotine fait le siège dans vos narines depuis une bonne heure et vous avez la sensation d’appartenir au clan. Logique! Et on se rapproche parce qu’il y a un monde fou et qu’on ne s’entend pas crier. Et on se retrouve « fumeuse » par le nez!

Dans ce cas-là, il faut trouver une astuce pour quitter la discussion sans blesser, sans snober. J’ai donc prétexté un coup de fil urgent à passer à mon éditrice. Et ça a fonctionné. Plutôt rassurant: « l’appel » de la nicotine aura été de très courte durée. Dès lors que je me suis isolée, l’envie s’est totalement évaporée. Bonne nouvelle, non?

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