Le making-off de mon témoignage de défume – Partie 1


On ne peut pas tout dire. Enfin, je me comprends, je nous réserve plein de droits, par contre un éditeur ne peut pas tout imprimer. Déjà parce que « Bonjour l’image » et puis parce que, si c’était le cas, il y aurait encore plus de bouquins morts nés à l’étalage. Ou plus directement, pas de publication du tout. Un comité de lecture est là pour faire le tri, dans les obscénités et les hérésies, et dans un ouvrage sur le sevrage tabagique, eh ben c’est non! Et c’est logique! Bah oui! Alors comme c’est toute ma vie de dévoiler les envers de décors, que ça me fait rire et que j’ai envie de les partager, voici sans triche les vérités sur les brouillons qui sont passés à l’as:

– les séances de sophro avec Léna: deux d’entre elles ont été plus marquantes et plus inoubliables que les autres. Oh, non pas que les effets des boules de couleurs voyageant dans mon ventre aient été plus rapides, plus efficaces, non. Il ne s’agit pas non plus de séances desquelles je serais sortie bouleversée, bercée. Les pratiques de Léna sont toujours porteuses. Je revenais, autant de fois qu’il le fallait, dissiper avec l’aide de ma sophrologue mes envies de fumer le temps qu’il le fallait. Et je sortais du cabinet les yeux cernés, comme si j’avais dormi, d’un sommeil profond, loin des volutes assassines et des méfaits du goudron. Léna, c’était une joie, elle est un personnage de taille dans « Mon guide de la défume ».

MAIS. Il y aura eu cette fois où, à deux doigts de refumer, tant l’appel était pressé, je me suis alcoolisée. Oui mais alors bien! Consciencieuse, précise, parce que je n’aime pas poser un lapin même si j’ai un bouton qui pointe ou une galère de brushing, j’étais venue à 18h pétantes. J’avais pris place dans la salle d’attente. Ma chaise tanguait, c’était dingue comme ça bougeait…

Léna m’a fait entrer, je lui ai dit « Léna, chui bourrée« . Alors bien sûr, j’avais besoin d’air, de verdure, j’avais besoin d’être seule, mais en même temps d’être accompagnée: difficile d’expliquer;)). Je ne me suis donc pas allongée comme à l’accoutumée. J’ai à peine forcé la porte-fenêtre parce que le bureau donnait plain pied sur un jardin, qu’il faisait déjà nuit, et que l’endroit m’accueillait sans le savoir pour vomir dans le noir 5 ou 6 verres de Chateau Machin (verres que j’avais mariés à 2 comprimés d’Aspegic et à une dizaine de Stimorol mâchés sans distinction, dans l’espoir de masquer l’haleine d’alcool). J’ai donc passé les soixante minutes deux doigts dans la bouche, à répondre « Nan cha va aller » sur la question des pompiers et « Oui jeu veuuuuuux mourir en voiture » à la question de l’ambulance. Je ne peux, même sous la torture, reprocher à Léna un quelconque manque de patience;). Je me souviens d’elle les bras croisés, gelée sur la terrasse, à surveiller l’état et l’apparence des matières que je rendais. Il m’aura fallu une heure pour me débarrasser d’une drogue qui s’était substituée à sa copine, ce qui prouve combien certaines sont de mèche!  L’alcool appelle la clope, et vice-versa! Bah oui! Elles se connaissent!!! Une association de malfaiteurs, je vous dis!!! J’ai failli porter plainte pour « complicité dans un acte de débauche commis à mon endroit sans mon consentir, Vui Monsieur » mais comme j’étais en panne de shewing-gum, j’ai lâché l’affaire. J’ai dormi 18 heures.

– l’encens: ne suivez JAMAIS cet exemple. Bien plus que quelques minutes aux toilettes, c’est bien une nuit entière que j’ai passée au-dessus de la lunette, me posant tantôt sur le pied droit tantôt sur le gauche, pour ne pas m’écraser par terre, me dégageant de mes tripes dans un souffle qui se présentait à chaque fois comme le dernier. Une intox à l’encens, ça vaut tous les plans glauques, c’est atroce, c’est sans fin, on a l’impression qu’on passera sa vie dans cette position-là. C’était un gag, ça a fait la farce, mais ne pas reproduire. Sinon, c’est pêché, je vous aurai prévenus: c’est un truc de fou qui ne m’a rien apporté!

– la vraie-fausse sophro: j’avais RV à 14h. J’avais aussi RV vers 16h à Paris pour déposer mon manuscrit. Tout était dit, enfin! J’avais tout le temps de me reposer, de souffler, parce qu’on a beau dire, écrire un livre sur un tel sujet, c’est fatiguant. Oui mais c’était aussi mon Soin, mon copain, ce clavier qui accueillait des mots grossiers et des termes scientifiques: j’avais RV tous les jours avec mon Mac pour me soigner. Et ça a bien fonctionné, ces concerts de touches, ces corrections de polices et ces copier/coller. J’avais RV avec Léna pour respirer, pour détendre mes muscles et lâcher prise. Et puis finalement, j’ai tant lâché prise que c’était le rire qui l’emportait! Une heure de fou rire en sophro, je vous assure, ça vaut une heure de relaxation pure et dure. Parce que Léna aussi y allait de sa crise, et on pouffait de concert à chaque mantra: « Martine, imagine une boule violette parcourir ton… ». J’ai pas le souvenir qu’elle ait pu terminer une seule histoire de boules.

Ce jour-là, aucune couleur n’aura pu franchir le pas; y avait blocus!!! Je me souviens de Léna, peinant pour terminer sa phrase, me voyant ébaucher un rictus, puis anticiper un crachat!!! Je la vois encore vautrée sur mon torse, priant, hilare, pour s’y retrouver dans le chemin des boules dans les organes. Oh, comme je l’ai aimée…

– la cartouche du placard de droite:  a été épluchée, lacérée, on lui a fait la peau! J’ai ouvert un paquet, ai reniflé chacune de ses clopes, sans combustion. Ca sentait la réglisse, il n’y avait rien, a priori, de dangereux dans un paquet de carton renfermant des tiges alignées dans les pures règles du marketing! On aurait pu croire à une rangée de cosmétiques! Eh ben non, c’était une armée de poisons. Je les ai reniflées une à une, sans briquet à la main, pas folle la guêpe, « T’as du feu? ». « Nan, mais dégage viiiiiiiite ». Alors avant de les revendre au bureau de tabac, j’ai dû préciser l’état « Très peu servi. Emballage explosé. Mais produit en TBA! »

Suite….à suivre…:)

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