Quid de l’irritabilité?


La nervosité, les envies de meurtres, font partie des sujets les plus récurrents dans la liste des freins. « Je vais être insupportable, je vais taper sur les gosses » (c’est interdit!), je vais trucider ma femme dans son sommeil. C’est vrai qu’on anticipe, mais c’est par expérience: on a tous été en contact avec quelqu’un qui en était à son dixième jour et qui nous a fait très peur. Alors, c’est pas faux. Mais on connaît aussi des amis qui ont vécu leur quotidien, sans démonstrations de violence, sans menaces d’éradiquer la terre entière et qui auront passé le cap comme un seul homme.

Ca laisse songeur, parce que si on a déjà un caractère à peine nerveux, on tire une conclusion hâtive. On pense que ça se passera à l’avenant et qu’on va se faire détester de tous, famille, copains, collègues, etc…Eh ben moi, j’avais tendance à être assez « sur la place » dès qu’il y avait un truc qui n’allait pas dans le bon sens. J’y allais de mes mots, les plus fleuris de préférence. Je n’avais pas prévenu tout le monde que j’avais cessé de fumer, j’avais décidé que c’était à eux de le remarquer. Aussi, lors de soirées où j’étais invitée, j’ai ressenti souvent cette fierté « Tiens, ça y est, ça se voit! ». Et je vous assure que c’est drôlement engageant, parce que dans la seconde suivante, cette même personne balaye la fumée qu’elle exhale avec de grands mouvements de mains. La grande majorité des fumeurs vous protège, je vous assure. Si vous avez un ami qui vous souffle ses volutes en plein visage, on pourra éventuellement revenir sur la définition du mot « ami » 😮

Bon, revenons à nos moutons, est-ce qu’on va taper sur tout ce qui bouge? Eh ben pas forcément et j’en suis un exemple étonnant. J’ai réalisé qu’en fait, c’était la cigarette elle-même qui me faisait monter au filet. On n’a pas trouvé mieux comme excitant! Au gré des mois, j’ai trouvé que ma nervosité était moins assassine. Au fur et à mesure que mon organisme ne clamait plus son manque, je m’énervais moins vite. Elle est pas belle la vie?

J’ai eu des débuts difficiles (lire mon livre…….), mais pour autant, j’étais tant dans le désarroi que chaque dialogue était plutôt doux et agréable. Je ne réclamais rien, puisque personne n’a le pouvoir de vous déshabiller de vos envies impérieuses, mais je tenais des conversations légères, pour éviter le dérapage. J’avais si peur de cette nouvelle vie qui ne donnait ni mode d’emploi ni garantie de résultats, que je buvais les paroles des autres pour y trouver je ne sais quoi, en tous cas de l’empathie sur le sujet du sevrage. J’ai aimé d’amour les non-fumeurs, admiré les défumés pour l’exemple vivant qu’ils étaient, et adoré mon entourage fumeur, qui me portait au pinacle. Il s’en sera fallu de peu pour qu’une place de ma ville porte mon nom. J’étais quelqu’un « de bien »…

Bon, ça n’a pas tellement joué sur mes défauts, j’ai toujours les mêmes, j’en ai certainement un peu plus, ça compense, mais mon comportement, le trajet de ma sueur, mon timbre de voix râlant ne sont plus les mêmes. On va dire que mon corps est plus tolérant.

Attention, nous sommes d’accord: un sevrage n’agit pas sur le mental, sur les opinions et les convictions. Je suis toujours aussi rebelle, hélas, oui et non. Mais je n’ai pas de casier judiciaire pour crime et aucune plainte pour violence n’a été portée, juste une toute petite mais alors minuscule main courante. COU-RA-GE! 😉

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2 réflexions sur “Quid de l’irritabilité?

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