Perte d’un parent, chagrin d’amour, détresse #fear


Je n’insisterai jamais assez: j’ai, personnellement, trouvé très héroïque de ne pas replonger en période d’euphorie. Rien de plus pénible que de ne pas habiller un bonheur, une bonne nouvelle, de magnifiques volutes. J’éprouvais un besoin immense de réchauffer ma gorge. Il y coulait des larmes de joie, je la sentais irritée, malmenée, il fallait calmer le débat. Seule une clope aurait fait l’affaire, aucun sirop n’avait de prise. Ma joie se transformait fatalement en peine, celle de ne pouvoir cumuler plusieurs joies l’une sur l’autre. L’émotion était forte alors, cette ivresse, c’était très limite, finalement, elle était presque douloureuse…Cela vous rappelle quelque chose? Oui, l’orgasme, ni plus ni moins. Réelle frontière entre jouissance et douleur. Je n’étais pas loin de « ça »…D’ordinaire, la sensation est si forte que nombre d’entre nous s’allument une cigarette. Il est clair que, si cela était praticable, croyez-moi, si cela était envisageable…certains fumeurs…fumeraient pendant l’acte. Alors on fonce sur la tige (ouais, ok:) dès la première seconde du post-coït. Connu. Archi connu. On « couvrirait » l’événement, on se parerait à l’explosion, brandissant comme on peut la menthol dans le chaos, certain de respirer un air familier pendant ce qu’on appelle « la petite mort »…Rien que ça…Mais, comme je vous sens en attente de LA notice, de la façon dont faire face en cas de grande tristesse, je vais vous confier mes petits « trucs ». Quand je dis « trucs », #jedisçaJedisRien, parce que je n’ai pas de mots. N’y lisez aucune manière de procéder, non, il n’y a pas de mode d’emploi, juste une lecture de mon témoignage sur le sujet.

J’ai perdu mon papa sur un malentendu. Oui, vous lisez bien: sur un malentendu. Il était âgé, certes, son coeur était éprouvé. Mais, la veille de son départ, j’étais occupée à des choses personnelles, ce qui m’a mobilisée à Paris, loin de la ville où se trouvait son hôpital. Il n’était pas question, à ce stade, de perdre mon père. Je le savais malade, mais mon papa, c’était Superman, il ne pouvait pas me quitter « comme ça ». Alors j’ai oublié. J’ai oublié que je ne lui avais jamais dit Je t’aime, et puis j’ai oublié aussi de lui dire Pardon, et puis bien sûr Merci, merci qui, Merci mon chien! J’ai « laissé » partir l’Homme de ma vie sans mots dire…Ne pas fumer, dans l’instant, c’est un coup de poignard supplémentaire, mais c’est un coup que vous VOUS infligez. Tout le reste de votre famille pleure de la même peine, mais vous, vous êtes encore sous le coup de la nicotine! Bravo, bien joué, elle vous rappelle à l’ordre! Mais c’est quand, la fin du souvenir!!! Il aura été encore plus insupportable de la dénigrer, de la snober, durant cette longue période administrative, celle qui vous rappelle, à intervalles réguliers, le visage de l’homme que vous avez laissé pour mort, sans vous retourner!

Le chagrin d’amour: eh bien, les sensations ne sont pas si éloignées. Surtout si vous éprouvez un sentiment de haine et avez soif de vengeance. Je vous conseillerais bien cette bouteille d’eau glacée, recommandée dans tous les cas, quand le goudron se rappelle à votre bon souvenir. Eh bien non, merde, c’est pas la méthode de rêve, cette eau gelée, hostile, diamétralement opposée à la chaleur de la fumée, et à cette façon si douce qu’elle avait de se faire aspirer. En toute quiétude, en toute sérénité.

Oui mais NON. Quand on s’allume une cigarette, c’est un leurre d’une force rare: on se « soulage », on se souvient, sans le savoir, des sensations que  la dernière cigarette nous a laissées. Elle pouvait dater d’une heure ou de dix, peu importe, les impressions sont  bien les mêmes. On comble le manque. Il est connu que la nicotine quitte notre corps très vite, en l’espace de quelques minutes, comme une voleuse, elle se fait la malle, s’envole, ne part pas très loin, pour se faire toujours désirer, des années. Elle reste à disposition parce que c’est son destin: un vrai fumeur a au moins un paquet d’avance sous le coude. Elle a tout bon…La clope est une prostituée. On l’a sous la main, on la paye cher pour ses précieux « services », elle ne dit jamais Non. Elle augmente ses tarifs? Pas de problèmes, on ferme les yeux. On préfère être complice, on choisit d’être « dans le coup ». On ne risque pas grand chose, « faut bien mourir de quelque chose »…

On ne panse aucune plaie avec une clope. On en se fait pas « plaisir », non. On se repose sur elle, on la chérit bien trop. On lui donne du crédit, un pouvoir absolu. Il n’en est rien, elle n’est rien, juste une association de malfaiteurs toujours sur le terrain, prête à agir, armée jusqu’aux dents. Nature des agents spéciaux? Cancérigène! Mais allez vous mesurer à un gang…Pas facile…


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